mercredi 23 mai 2007

Zimbabwé: la mort d'un pays



Un article lu dans "Courrier Internationnal" il y a quelques mois est resté dans ma tête...a eu une résonance très particulière jusqu'à aujourd'hui où je me décide à le partager et à fouiller cette information qui, je trouve passe complètement inaperçue, comme beaucoup trop d'horreur de part le monde...le sort de la population au Zimbabwé.

J'ai trouvé écho à ce sentiment, sentiment que je livrais il y a quelques posts de cela (LA GUERRE: c'est ça) et qui me faisait dire également que l'on ne devrait pas se réjouir de regarder, d'acheter les CD et DVD des tournées des Enfoirés tous les ans comme une habitude, l'habitude des pauvres, des crève-la-faim, l'habitude qui aboutit à la normalisation dans notre paysage, dans nos vies, l'écho, donc en entendant le philosophe Guillaume Leblanc parler de la précarité et l'évoquer dans son livre, "vies ordinaires, vies précaires".


Plus d'un pays africain est touché de plein fouet par l'épidémie du Sida.
Quand ce fléau se dissémine dans un pays dirigé par un despote devenu fou, c'est la tragédie.

Le Zimbabwe détient le quatrième plus fort taux de prévalence du VIH dans le monde et a connu dernièrement une crise alimentaire aiguë, des performances économiques en baisse et la hausse de la mortalité infantile la plus importante de son histoire.
Un isolement international croissant à la suite des politiques controversées mises en oeuvre par le gouvernement a eu pour conséquence une très nette diminution de l'aide des donateurs ; l'UNICEF a lancé un appel à la communauté internationale pour l'inciter à s'élever au-dessus de la politique et aider les enfants zimbabwéens.
Des campagnes de démolition et d'expulsion ont privé de logement plus d'un demi million de personnes en 2005.

Un quart de la population est séropositive ; plus de la moitié de toutes les nouvelles infections se déclarent chez les jeunes, principalement les filles.
Depuis 1990, le VIH/SIDA a réduit l'espérance de vie moyenne de 61 à 33 ans.
Près de 1,3 million d'enfants zimbabwéens, ou un sur cinq, ont perdu un parent ; la plupart ont été rendus orphelins par le SIDA.

Ces chiffres sont affolants.
Combien de temps vous resterait-il à vivre si vous étiez Zimbabwéen?
La mort, en fin de vie à 33, 34 ans!

Espérance de vie à la naissance h/f (années):37/34

Espérance de vie en bonne santé à la naissance h/f (années, 2002):33,8/33,3

Sauf indication contraire, les chiffres concernent l'année 2004, d'après le rapport le rapport sur la santé dans le monde 2006.


Dans un cynisme incroyable, le ministre zimbabwéen de la Santé, Davis Parirenyatwa réfute les chiffres de l'OMS et admet, du bout des lèvres, que "le problème du VIH-sida est extrêmement inquiétant, mais la situation n'est pas aussi sombre que celle décrite dans le rapport"
Dans ce même rapport, l'OMS affirmait que les femmes au Zimbabwe et au Swaziland étaient les seules au monde à ne pas pouvoir espérer vivre au-delà de 40 ans.

A partir de quand, Monsieur Parirenyatwa et Monsieur Mugabé vont-ils considérer que la situation est assez sombre pour réagir?
Monsieur Mugabé préfère agir pour mieux asseoir son pouvoir hégémonique, sanguinaire et paranoïaque aux dépends de la vie du peuple, aux dépends de ses responsabilités les plus élémentaires, comme nous l'apprend le "Mail and Guardian" du 17 avril 2007.
"Le gouvernement zimbabwéen a annulé les accréditations de toutes les organisations non gouvernementales, accusées par le pouvoir d'orchestrer pour l'Occident, le départ du président Mugabe. Par le passé, le régime a plusieurs fois accusé les ONG et les organisations humanitaires de convoyer des fonds pour le Mouvement pour un changement démocratique, le principal parti d'opposition.

Et que dire sur ces laboratoires, détenteurs des brevets des médicaments pouvant endiguer la mort par centaines de milliers d'êtres humains, qui jouent avec des vies et avec l'avenir de tout un continent, qui viennent juste d'autoriser leur utilisation à moindre coût.
Quel gâchis de vies qui sont à la merci de ces groupes multinationaux croulant sous l'argent.

Nos vies valent-elles moins que leur profit?

4 commentaires:

raphaelle a dit…

Je ne connaissais pas la situation de ce pays. Cela en est choquant. J'ai 36 ans, peut-être que je serais déjà morte la-bas. Très certainement... Où allons-nous, où va le monde?

Folliculaire a dit…

Les blogueurs n'abordent pas assez ces sujets. Pourtant, cela est une merveilleux moyen de sensibiliser les autres et d'en parler.

J'ai écrit plusieurs billets au sujet de la pauvreté au Canada, les enfants soldats, les morts inutiles d'enfants dans le monde, les enfants travailleurs, etc.

Merci de ton billet je ne connaissais pas le cas du Zimbabwé

noemie a dit…

bon nombre de pays africains connaissent ce genre d'horreur...plus les guerres, plus les famines, les dictatures...
merci de me lire!

coccinelle a dit…

Pour infos, des artites de la troupe Mep du Zimbabwe sont à la Réunion à l'occasion de la tournée Conquered Plans. Il y a eu une conférence de presse avec repas zimbabwéen, démonstration de chant, danse et musique et projection du film "Zimbabwe, de lalibération au chaos". Dommage que l'on n'en n'ait pas plus parlé dans la presse...