mardi 4 mai 2010

Orthophonie : mêtier encore méconnu?


Entendu dans la revue de presse de Stéphane Leneuf, France Inter, lundi 3 mai 2010 sur un papier du Parisien consacré aux élèves mis sous pression par la réussite scolaire.
Je cite : « Conséquence : vous découvrirez dans Le Parisien que le marché de l'angoisse scolaire se porte à merveille. En maternelle ou en primaire, le moindre retard de lecture et l'enfant file chez l'orthophoniste avec la bénédiction des enseignants. Les cabinets spécialisés se multiplient. »

Donc les orthophonistes font leur beurre sur le dos de ces enfants pressurisés par leurs parents, leurs professeurs, la société, voilà ce que nous lisons et entendons dans les medias.
Et même plus fort, les cabinets se multiplient !
Des cabinets d’orthophonistes ? Comme si nous répondions à un marché bien juteux, tiroir-caisse bien en vue dont le doux tintement à chaque ouverture ravi l’orthophoniste qui n’a en tête que les futurs placements pour sa retraite que cela lui procurera.
Ah ! Vive la crise !
Vive le délabrement de l’école !
Vive la course aux diplômes !
Merci les enseignants !
Merci les parents !
Merci les enfants !

Les orthophonistes surfent sur l’angoisse scolaire avec la bénédiction des enseignants, à qui nous reversons un pourcentage pour chaque enfant envoyé. Normal. C’est ça le business !
A nous bientôt les multinationales de la rééducation, avec enseignes clignotantes, show room sur des centaines de mètres carrés dans les rues les plus en vue des grandes villes…

Je grossis quelque peu le trait car je suis ulcérée par ce que j’ai entendu et lu.
15 ans que j’exerce ce métier.
Après un concours d’entrée très sélectif et quatre années d’étude dans une faculté de Santé et non de commerce, enregistrée en tant que professionnelle de santé et non au registre du commerce à la Sécurité Sociale, travaillant sous prescription médicale et non avec la bénédiction des enseignants, sous la surveillance du médecin conseil de la Sécurité Sociale.
Nous croulons sous les papiers administratifs, les compte-rendus de bilan qu’on nous demande de plus en plus détaillés et précis donc très chronophages, de nombreuses réunions autour des patients que nous suivons qui, si nous raisonnons uniquement en terme économique, nous coûtent de l’argent (pas facturées, pas d’indemnités kilométriques, pas de prise en charge à notre cabinet durant de temps).
Nous sommes revalorisés en moyenne tous les 10 ans (!) et au lance-pierre !
Ce n’est pas les médecins libéraux qui accepteraient cela !
Nous si !
Et en plus nous devons supporter d’être maltraités, par méconnaissance, certainement, je l’espère.
Le stress et la pression sont malheureusement partout et tout le temps, de la plus petite enfance à l’âge adulte, des résultats scolaires, aux performances professionnelles ; notre société et ses dirigeants ont élevé au rang de dogme la politique du chiffre, du résultat et du paraître.

Pour information :
le site de notre syndicat régional : le SORR
un site qui vulgarise et explique: Bonjour docteur

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