lundi 22 février 2010

"Le conflit, la femme et la mère"


"Le conflit, la femme et la mère", dernier ouvrage d'Elisabeth Badinter, je ne l'ai pas encore lu mais je sais qu'il va me plaire.
Les idées que la philosophe y défend, je les partage pleinement.
Je suis d'autant plus contente qu'elles vont quelque peu à l'encontre du "bien-pensant" actuel.
Et que je me sentais un peu seule à penser que l'allaitement devient un diktat qui, encore une fois culpabilise la maman et elle seule, dans un moment où elle est très fragile tant physiquement que psychologiquement.
Je suis maman et bien évidemment si le sujet est très sensible pour moi cela est dû à mon expérience, j'en suis bien consciente.
Je peux vous dire que toute maman ne veut que le mieux pour son enfant mais elle fait ce qu'elle peut.
Il est absolument abominable de s'entendre dire par un médecin gynécologue, dans sa jolie petite blouse sur le pas de la porte de votre chambre d'hôpital, sans même prendre la peine de rentrer, que : " Il faut allaiter, madame, c'est mieux pour votre enfant!" et de repartir comme ça, sans même attendre une réponse, en ayant juste ajouter une grosse couche à la culpabilité déjà énorme de cette mère.
De la culpabilité de ne pas pouvoir s'en occuper même la nuit car après trois jours de déclenchements avec les douleurs horribles qui accompagnent, quelques heures sur la table pour finir dans la nuit en césarienne, avec tout le courage du monde, même une maman doit se reposer messieurs les médecins!
Donc cette culpabilité renforcée par un personnel qui vous amène votre enfant au milieu de la nuit parce qu'elle pleure...j'étais incapable de me lever, de la prendre du couffin au lit...
Donc je suis une mauvaise mère et en plus je n'arrive même pas à lui donner le sein....bouh...l'impression horrible d'être montrée du doigt et jugée, déjà, incapable.
Ce moment qui doit être une communion avec son enfant devient une montagne de pleurs.
Et une montagne qu'on croit impossible à gravir.
Presque 9 ans plus tard, la sensation est encore très vivace, la douleur entière.
Et les larmes roulent encore sur mes joues.
Cessez avec ce dogme de l'allaitement, laissez le choix aux mamans qui ne l'ont pas parfois et accompagnez-les sur tous les chemins qu'elles ont choisis.

Lors d'un dernier conseil d'administration de l'hôpital de Saint-Paul, un programme pour que l'hôpital devienne un pôle d'excellence de l'allaitement nous a été présenté.
Tout le monde a applaudi.
J'ai écouté dubitative, et j'ai demandé que la maman qui n'allaite pas puisse encore exister!
J'aimerai pouvoir y croire.

Le second sujet qui m'a interpellé est celui de la couche culotte lavable.
Il y a quelques temps s'ouvre à grand coup de "pub" dans la presse, une crèche dite écolo dans l'Est de la Réunion.
Mon avis fut dans la même veine que les thèses développées par Elisabeth Badinter :
c'est une régression, encore une fois la charge de travail supplémentaire est pour les femmes, j'aimerai que l'on me prouve que laver à la machine (ou alors nous bannissons également la machine à laver pour remettre les femmes au lavoir) avec les produits est moins polluant que les couches jetables.
Pourquoi aucun chercheur ne s'est penché sur des couches biodégradables?
Peut-être parce que les tâches ménagères reposent encore à 80% sur les femmes et le soin des bébés presque à 100%(étude Ined), donc interessent assez peu les chercheurs hommes et les décideurs (contrairement aux progrès faits dans l'automobile par exemple!).
Et les tubes de crème pour les fesses rouges de bébé dont les couches lavables sont moins absorbantes que les jetables...est-ce moins polluants?
C'est à la mode, c'est vendeur...mais sur le dos de qui?
A Saint-Paul, nous avons des micro-crèches qui récoltent l'eau de pluie, cultivent un jardiner, font vivre les maraîchers du secteur, une micro-crèche s'oriente vers une auto-suffisance énergétique...sans avoir besoin de multiples articles dans la presse.
Moi, je préfère comme cela!

Ce livre, je l'achèterai et le lirai dès sa sortie par chez nous!

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour
Avez vous lu le livre ? j'avoue que je n'en ai pas très envie.
Je partage totalemnt les avis critiques sur ce livre bien que j'admlire Madame Badinter. je l'ai écouté sur France Inter, j'ai lue ses interviews et j'avoue qu'elle ma mise en colère. Je m'attendais à être défendue par mise au pilori car je suis une maman qui cuisine de brocoli bio, utilisais les couches lavables et allaite ses enfants. Mais je suis aussi une maman active qui a une carrière et j'espérais de cette philosophe qu'elle aborde enfin les problèmes auxquels font fasses les femmes aujourd'hui pas qu'elle les ridiculisent !

Il n'y pas pd'égalité homme femme dans notre pays, si je veux réussir ma carrière je dois sacrifier ma vie de ma famille je dois me glisser dans la peau d'un homme sinon je serai laissée de côté. C'est la réalité aujourd'hui alors pourquoi ne pas se battre pour en changer plutot que d'attauqer les femmes qui font des choix de vie différents ?

La rédazctrice du site Mamanana écrit très bien ce que je pense voici le lien :

http://blog.allaitement.mamanana.com/2010/02/elizabeth-badinter-le-conflit-la-femme-et-la-m%C3%A8re.html

je trouve décevant que madame Badinter n'ai pas pris plus de soin dans la rédaction de son livre concernant le sujet de l'allaitement notamment mais plus globalement des choix de maternage dans nos vies de femmes, le choix c'est bien ce qui nous est réfusé. Avoir le choix c'est avoir accès à de l'information et ne pas subir des discours culpabilisants. Je compatis à votre désagréable expérience, si je partage votre colère elle trouve sa source dans une situation inverse une infantilisation médicale, une incapacité à me donner de bons conseils alors que je souhaitais allaiter, la nécessité d'aller chercher seules les bons appuis et subir l'intolérance de ceux qui n'ont pas fait les mêmes choix. Comme quoi ni vous ni moi ne sommes libres de nos choix en 2010, dommage que Mme Badinter ne se lève pas pour dénoncer cette réalité. Virginie

Anonyme a dit…

réponse à ma soeur . trois bébés , trois accouchements différents qui se sont bien passés . le premier allaité pendant trois mois , l'arrêt s'est fait doucement durant le 4éme mois car on diversifiait l'alimentation plus tôt à ce moment-là et que le lait se faisait de +en+ rare : ai été bien aidée à la maternité par le personnel . La deuxième est née au même endroit, ayant déjà allaité et ayant eu une puér. de mauvaise humeur... ma fille a fait une intolérance à mon lait : fin allaitement un mois après . ironie : arrêt allaitement brutal et très douloureux (syncope) mais lait à profusion cette fois.aucune explication du corps médical sur ce phénomène d'intolérance (lait maternel meilleur pour bb)!! grosse frustration et une question insoluble : pourquoi aucun problème avec l'aîné et échec avec elle ??? alors quand le troisième est arrivé : j'ai refusé tout net l'allaitement. je n'ai eu aucun commentaire sur ma décision de la part du personnel médicale .

je pense que le corps médical comme certains "êtres humains" manquent cruellement de psychologie "humaine"...

gros bisous à ma soeur et à ma nièce.bon courage pour la suite public et privée . valy