jeudi 17 janvier 2008

J'ai pleuré et puis j'ai vomi...ou l'inverse

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé… parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."

Qui ose dénigrer de la sorte les instituteurs de la République, le plus beau métier du monde comme il se dit ?
Qui ose comparer, mettre dos à dos les curés et les instits, les cathos et les laïques, ceux qui ont des valeurs et ceux qui n'en n'ont pas, ceux qui savent transmettre et ceux qui ne savent pas, ceux qui savent se sacrifier et ceux qui ne la savent pas?

Leur chef.
Nicolas Sarkozy.

Infâme.
Ecoeurant.
Extrêmement blessant.
Le plus difficile à comprendre est que je n'ai trouvé trace d'aucune réaction d'indignation des syndicats d'enseignants.
Leur métier a été traîné dans la boue, la laïcité est menacée, l'Eglise fait une entrèe fracassante dans la vie politique et sociale de la France, pourtant si fière d'avoir raccourci son Roi, et avec la lignée des Rois Très Chrétiens...et pas de bruit...

Je ne suis pas enseignante, mais fille de, petite fille de, petite nièce de, nièce de, cousine de...
Même si ce n'est pas mon métier, je baigne dedans depuis ma naissance.
Je mets quiconque au défi de se mettre à la tête d'une classe de 30 mômes et, sans passion, sans amour, sans envie, sans pédagogie, sans patience, sans courage, sans abnégation, sans ferveur et foi ( le vocabulaire catho, c'est fait exprès!!!), de tenir quelques jours ou même semaines, là où il faut être présent pendant 40 ans.

Monsieur le Président,
Prenez quelques minutes dans votre emploi surchargé de visites privées aux quatre coins de la planète et visionnez le documentaire sur Maud Fontenoy (votre amie?), vous y découvrirez une instit comme il en existe beaucoup, Madame Busson, école Guynemer à Meaux.

Venez dire qu'elle n'a pas la foi en son métier.
Venez dire qu'elle n'a pas d'amour.
Venez dire qu'elle ne transmet pas de valeurs à ses élèves.
Venez dire qu'elle n'a pas le sens du sacrifice.
Venez la voir vivre avec ses élèves.
Venez la voir pleurer.
Et pleurez avec elle en vous excusant de l'avoir salie.
Elle mérite le respect.
Vous me faites vomir.