lundi 10 septembre 2007

Cest la faute aux vieux

















C'est la faute aux "vieux", nous dit mon ami K., à ceux qui y croyaient à l'école de la République, gratuite et obligatoire, à l'égalité des chances pour tous les habitants de France, à l'école laïque ouverte à tout le monde.
C'est la faute à ceux qui ont réussi à faire vivre cette école , vivier de contestataires, de jeunes qui pensent trop (idéologie actuelle: pensez moins, travaillez plus) si on tente par tous les moyens de la détruire.


Elle a existé, je pense, ce n'est pas l'utopie qu'on essaie de nous vendre pour mieux la démonter. Il ne faut pas s'étonner de se qui se passe actuellement, lorsque le maître à penser, l'inspirateur (celui à qui on retouche les photos pour la propagande et le culte de la personnalité) se revendique anti intellectuel, et qui aurait été un piètre élève...
je l'ai assidûment fréquentée cette école publique, assise entre la fille du médecin, le fils du boulanger, les enfants d'ouvriers, des polonais, des algériens, des iraniens, des camerounais (...)j'y ai appris, aussi, des cultures, des religions dans un climat apaisé. C
ertes les locaux n'étaient pas flambant neufs, les chaises quelque peu bancales et les tables noircies par des années de passage de stylos enragés, qui s'ennuient ou qui débordent d'idées.
Que s'est-il passé pour que l'on veuille la détruire de la sorte, pour qu'on casse le fondement idéologique de l'école publique telle que la voulait Jules Ferry?
Il est évident que l'école ne gagne pas d'argent, pourquoi utiliser un vocabulaire d'entreprise?
La population française peut comprendre et accepter que pour l'éducation et la santé on ne compte pas, pour peu que le service soit de qualité et le même pour tout le monde.
Préparez-vous, professeur de musique, d'arts plastiques, de sport, de toutes ces matières dites mineures par Messieurs les décideurs, à ne plus appartenir à l'éducation nationale. Sacrifiés sur l'autel du "dégraissage" des fonctionnaires et sur l'autel de la privatisation de l'école, car ceux qui le pourront paieront ces cours à leur rejeton, l'accès à la culture, à la musique, au sport, aux arts réservé à une élite dans le pays qui arbore le mot égalité sur son front.
Nous ne pourrons plus parler d'Education Nationale, n'ayant plus rien de nationale, parlons plutôt d'école à deux vitesses.

Honte et colère.
Ces deux sentiments m'ont animée lorsque j'ai écouté l'enseignant de CP de ma fille (école publique, bien évidemment) nous expliquer qu'ils n'auraient pas de livres de lecture - pas de budget-, qu'ils n'ont pas de livres d'histoires à leur lire - pas de budget-, qu'ils ne feront pas de sorties car aucun bus ne leur sera alloué, qu'ils ne feront pas d'anglais car pas d'intervenant, qu'ils ne feront que très peu de sport car aucune structure, aucun matériel, aucun intervenant, que la salle informatique sera fermée entre 5 et 6 mois car la personne sera en congés maternité et pas remplacée.
Et les classes insalubres, et la cour de récréation plus que poussièreuse (un plaisir pour les asthmatiques), et les quatre malheureux petits ventilateurs censés faire chuter la température durant la saison d'été où il fera très certainement plus de 40°C pendant plusieurs mois.
Il n'y a pas, non plus, de budget pour le petit matériel...
Outre l'impôt sur le revenu, je paie une taxe foncière, une taxe d'habitation et une taxe professionnelle sur la commune qui est censée financer l'école et son fonctionnement (si je ne m'abuse, il n'y a que les salaires des enseignants qui soient à la charge de l'Etat).
Mais où passe l'argent?
Pas dans l'école, ni pour ses élèves.
Pas dans la rénovation des routes communales.
Pas dans l'embellissement de l'environnement.
La Mairie a été refaite et la petite place devant est très jolie.
Les bureaux sont certainement tous climatisés, tant mieux pour eux.
Un joli parc de véhicules, tant mieux pour eux...
Je n'ai pas entendu évoquer l'école dans tous les projets du Maire...pas assez porteur, pas rentable, pas de retour sur investissement...
Par contre tous les élèves ont reçu un cahier de texte avec la photo de Monsieur le Maire.
Je ne sais pas pourquoi mais j'ai bien envie d'ôter cette page là, pour ne pas dire l'arracher.

3 commentaires:

K. a dit…

C'est pourtant vrai qui zont bien fait leur travail les vieus. Sinon j'aurais pas été si bon en ortografe.

noemie a dit…

faut faire gaffe, les vieux se rebellent!!!

valy a dit…

les hommes et le pouvoir ... quand le pouvoir et l"apparat"prime sur les devoirs de la charge de maire ... quand à moi je parlerai plutôt d'un minimum d'instrution : ne dit-on pas que les primaires arrivent au collège sans savoir lire correctement et n'ont plus les bases en maths... alors sur qui devons-nous nous acharner pour que les chances soient réellement les mêmes pour tous nos éléves . doit-on voter une loi pour obliger les maires à inclure un budget école dans leur budget primitif ???