mardi 24 avril 2007

Appelez-moi Lionel.


J'étais tâtée, léchée, roulée entre les doigts, regardée, consumée doucement, on me tapotait le filtre sur la table.
On avait envie de moi, on pensait beaucoup à moi, jamais on ne m'oubliait ou alors c'était source d'une grande angoisse.
On me haïssait, l'amour vache, je t'aime, moi non plus, j'étais la cause d'un sentiment énorme de culpabilité.
Mais, au moins j'existais.
Car, depuis le 21 avril 2005, plus rien. Je suis morte, absente du deuxième tour.

C'était un jeudi. La cartouche terminée la veille, j'ai pu avoir mon dernier sursaut de vie : un paquet acheté en même temps que ces foutus patchs, la dernière du condamné.
Puis le paquet a été donné et pour moi c'était la mort clinique, électroencéphalogramme plat.

Le plus souvent, je reviens par la fenêtre et de plus belle ou alors je fais vivre un enfer, je squatte les pensées, je reste dans les gestes, les habitudes, je ressurgis au moindre stress.

Mais là, je suis morte et enterrée.
C'est mon 21 avril à moi.
OFT-annuaire des consultations en tabacologie-

2 commentaires:

Anonyme a dit…

moi, elle a tellement réssussité mon envie de clope, que chaque fois que j'arrete, je reprends qqs mois,ou qqs années plus tard... Depuis décembre, je suis de nouveau accro, mais bon espoir d'arreter de nouveau, cesser d'engraisser l'état... Reprendre le sport, boire de l'eau, plein de bonnes résolutions!!! M Laure

Anonyme a dit…

oh là là, quelle belle faute d'orthographe... ressuscité... c'est mieux comme ça!